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À Tsinjony, les femmes au cœur de la valorisation du riz

il y a 26 minutes
3 min de lecture
Louise, membre de l’association Fanantenana. (Credit: AfricaRice)
Louise, membre de l’association Fanantenana. (Credit: AfricaRice)

Après la récolte, le travail continue

Pour les productrices de riz, la récolte marque le début d’une nouvelle étape. Le paddy doit encore être battu, vanné et préparé avant de devenir un produit commercialisable. Réalisées manuellement, ces opérations peuvent mobiliser beaucoup de temps et de main-d’œuvre.

À Tsinjony, trois associations de femmes s’investissent dans cette chaîne de valorisation, du traitement post-récolte à l’étuvage et à la commercialisation du riz. Dans ce contexte, la batteuse et la vanneuse offrent des solutions pour faciliter certaines opérations et mieux organiser le travail.

Mais qu’est-ce que ces équipements changent concrètement pour les femmes ?


Association Fanantenana : la vanneuse change le rythme

Parmi les associations rencontrées, Fanantenana a déjà intégré la vanneuse dans ses activités. Pour Louise, les bénéfices sont rapidement devenus visibles.

« Le vannage du riz avec la vanneuse a été très bénéfique pour nous, car cela nous a permis d’obtenir de bons résultats en peu de temps. »

— Louise, association Fanantenana


Pour elle et les autres membres, le gain de temps est particulièrement important. Une opération qui pouvait mobiliser les femmes pendant plusieurs jours, voire une semaine, peut désormais être réalisée en une seule journée.


Ce gain de temps facilite l’organisation des activités et permet aux femmes de consacrer moins de temps au vannage. Il illustre concrètement l’intérêt d’un équipement adapté aux besoins des productrices.

« On ressent vraiment les avantages, car un travail de deux jours, voire d’une semaine de vannage, peut maintenant être terminé en seulement une journée. »

— Louise, association Fanantenana



Une machine partagée, une organisation collective

La vanneuse s’utilise à tour de rôle, selon les besoins de chacune et dans le cadre d’une organisation collective. Louise l’a ainsi utilisée pendant deux jours pour sa propre production, avant qu’un autre membre puisse à son tour s’en servir.

COMMENT ÇA FONCTIONNE ?

•    Les membres : utilisation gratuite de la vanneuse.

•    Les personnes extérieures : paiement en nature, avec du riz, à raison de deux sacs d’une valeur de 12 000 Ariary pour chaque utilisation.

•    Le résultat : l’équipement répond aux besoins des membres tout en générant des bénéfices pour l’association.


Au-delà du gain de temps individuel, cette expérience met ainsi en évidence l’importance de la gestion collective des équipements agricoles.


Du paddy au riz étuvé : Valoriser le savoir-faire des femmes

Le travail des femmes ne s’arrête pas là. À Tsinjony, les activités autour du riz forment une chaîne de valorisation, de la préparation du paddy jusqu’à l’étuvage et à la commercialisation.

L’étuvage est une étape clé dans cette chaîne : il permet de transformer le paddy pour obtenir un produit à valeur ajoutée, destiné à différents débouchés. Sa réussite repose notamment sur la maîtrise des différentes opérations et sur le savoir-faire des femmes qui les réalisent.

L’amélioration du battage et du vannage s’inscrit donc dans une démarche plus large : faciliter le travail en amont tout en reconnaissant le rôle des femmes dans la transformation et la valorisation du riz.

Démonstration sur l’utilisation de la vanneuse. (Credit: AfricaRice)
Démonstration sur l’utilisation de la vanneuse. (Credit: AfricaRice)

L’expérience de l’association Fanantenana rappelle que l’innovation agricole prend tout son sens lorsqu’elle répond aux besoins réels des personnes qui l’utilisent.

La batteuse et la vanneuse ne remplacent pas le savoir-faire des femmes, elles l’accompagnent. Elles réduisent le temps consacré à certaines opérations et facilitent l’organisation collective, tandis que l’étuvage offre une possibilité supplémentaire de valoriser le riz.

En cette Journée internationale des femmes rurales, AfricaRice met à l’honneur ces femmes qui contribuent à la valorisation du riz par leur travail, leur savoir-faire et leur engagement collectif.

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