Le projet USAID-AfricaRice au Sénégal

Le projet USAID-AfricaRice prépare le terrain pour une industrie semencière résiliente et dynamique au Sénégal


Les femmes et les jeunes activement engagés dans la production de semences avec une entreprise partenaire, SEDAB

Un projet innovant basé sur le partenariat public-privé, dirigé par le Centre du riz pour l'Afrique (AfricaRice) avec le soutien de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), a non seulement renforcé la résilience des chaînes de valeur des semences du Sénégal pour atténuer l'impact du COVID-19 sur la sécurité alimentaire, mais a également jeté les bases d'une industrie semencière nationale résiliente et dynamique pour répondre aux besoins du pays.


Le riz est d'une importance vitale pour le Sénégal, dont la consommation de riz par habitant est d'environ 110 kg par an, ce qui correspond à celle de nombreux pays asiatiques. Pour répondre à cette demande, il est indispensable d'améliorer la qualité des semences et l'accès à celles-ci afin d'accroître la production nationale de riz et de réduire la forte dépendance du pays à l'égard des importations de riz.


L'objectif initial du projet était donc de développer le secteur des semences de riz dans la vallée du fleuve Sénégal et dans les régions du centre et du sud du Sénégal. Mais, avec l'avènement de la pandémie et son impact sur la sécurité alimentaire, le mandat du projet a été étendu au mil, au sorgho et au maïs et sa durée a été prolongée d'octobre 2020 à avril 2022.


« La disponibilité de semences de qualité est devenue le plus grand défi pour les agriculteurs lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé le Sénégal », a déclaré Dr Ernest Asiedu, coordonnateur à AfricaRice du projet de diffusion à grande échelle des semences de riz au Sénégal. « Grâce au soutien de l'USAID, dans le cadre d'une mesure d'urgence, le projet a permis au Sénégal de répondre aux pénuries de semences de riz, de mil, de maïs et de sorgho, causées par les perturbations de l'approvisionnement en semences dues à la pandémie. »


La réponse rapide à la pandémie a été l'une des nombreuses réalisations importantes du projet, comme indiqué ci-dessous, qui contribuent au développement durable du secteur semencier dans le pays :

  • La mise en place d'un consortium de 10 partenaires, aux rôles complémentaires dans le secteur semencier, qui a renforcé la chaîne de valeur des semences, grâce à une coordination efficace, un suivi conjoint, des accords contractuels et le partage d'informations et de meilleures pratiques.

  • L'autonomisation de plus de 6 500 parties prenantes de la chaîne de valeur, dont des femmes et des jeunes, qui ont été formés à la production de semences, au contrôle de la qualité, à la commercialisation, au suivi et à l'évaluation, ainsi qu'à la cartographie des champs, ce qui constitue une masse critique de capital humain pour le développement de l’industrie semencière.

  • La promotion de variétés de riz climato-intelligentes, dont le potentiel de rendement se situe entre 8 et 10 t/ha et qui sont tolérantes aux stress locaux, tels que la forte salinité, la toxicité ferreuse, la sécheresse et les inondations : les variétés ISRIZ, ARICA, Sahel et NERICA.

  • La production de plus de 170 t de semences de prébase des céréales sélectionnées par AfricaRice et l'Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) pour répondre aux demandes du secteur privé.

  • La production de près de 1 180 tonnes de semences de base destinées à être distribuées dans tout le pays et de plus de 6 470 tonnes de semences certifiées par 10 partenaires du secteur privé. Les semences certifiées ont été estimées couvrir près de 130 000 ha pour produire plus de 517 000 t de riz paddy.

  • La fourniture d'équipements d'irrigation, l'aménagement de terres irriguées supplémentaires et la réhabilitation d'un autre centre de production de semences de l'ISRA, qui ont renforcé la capacité de l'institution.

  • L'inclusion du secteur privé dans le système de contrôle de la qualité, qui a permis à l'entreprise ATLASEM de signer des contrats avec les autres membres, a complété l'effort du secteur public et a conduit à l'approbation de 707 ha de champs de semences pour la certification.

  • La création d'un stock national de sécurité semencière, qui a permis au Sénégal de répondre aux pénuries de semences pendant la pandémie en déployant plus de 72 t de stocks de semences de base de riz, de mil, de maïs et de sorgho pour la multiplication.

  • Le développement d'une base de données nationale complète des producteurs de semences, avec des cartes géoréférencées des sites de production de semences. Elle fournit l'identité de tous les producteurs de semences et les cartes des sites de production de semences, ce qui facilite le réseautage, le contrôle de la qualité et l'estimation des volumes de production de semences.

  • Le renforcement du partenariat avec les réseaux locaux d'agriculteurs, comme la Fédération des producteurs de maïs du Saloum (FEPROMAS) dirigée par Mme Nimna Diayité, qui compte près de 1 340 membres dont 80 % de femmes. Cela a grandement contribué à développer les capacités des membres de FEPROMAS en matière de bonnes pratiques de production de semences et a permis d'améliorer la sécurité alimentaire dans ses 22 communautés opérationnelles.

  • Le développement de divers outils et modèles – tels qu'un cadre pour le développement de la chaîne de valeur des semences, des modèles pour la planification du secteur des semences, l'administration des affaires, la budgétisation, la gestion des stocks tampons de semences, la résistance aux chocs, l'engagement du secteur privé dans le contrôle de la qualité des semences, la gestion de la base de données des semences, la formation du secteur semencier – qui renforceront davantage le système semencier.

Ces réalisations ont été saluées par les représentants de l'USAID, du ministère de l'Agriculture et de l'Équipement rural (MAER) et du secteur privé lors de l'atelier de clôture du projet le 28 juillet 2022 à Saint Louis, Sénégal.


Félicitant AfricaRice et ses partenaires pour la gestion réussie du projet, M. Abdoulaye Ndia, chef de l'équipe agricole de l'USAID au Sénégal, a fait remarquer : « Le Bureau Croissance Économique de l'USAID est satisfait des résultats impressionnants du projet. »


La représentante du MAER, Mme Ballel Bassoum, a déclaré : « Le MAER est reconnaissant au projet pour sa collaboration efficace avec les institutions publiques - ISRA, Divisions régionales pour le développement rural (DRDR) et la Division des semences (DISEM) – et pour le soutien qu'il leur a apporté, ainsi qu'au secteur privé. »


Selon M. Modou Thiam, président de l'Union nationale interprofessionnelle semencière (UNIS) et représentant du secteur privé, les meilleures pratiques promues par le projet seront adoptées et les réalisations du projet seront intégrées dans les opérations des entreprises semencières, de leur syndicat et de l'Alliance semencière proposée.


Remerciant tous les partenaires impliqués dans la réussite du projet, Dr Asiedu a souligné que les approches adoptées pour la mise en œuvre du projet ont effectivement renforcé la résilience du système semencier sénégalais pour atténuer l'impact du COVID-19 et des chocs futurs.


Une stratégie de sortie et de durabilité a été élaborée, ce qui facilitera l'intégration des réalisations dans le secteur semencier. L'USAID a également promis son soutien à la mise en œuvre de la stratégie. « Nous sommes fiers que le succès et les leçons apprises aient préparé le terrain pour propulser l'industrie semencière nationale vers la réalisation de son objectif de répondre aux besoins en semences du Sénégal », a conclu Dr Asiedu.