Rendre les flux de travail de phénotypage et de génotypage par drone accessibles aux sélectionneurs d’Afrique de l’Ouest et du centrale

Dès les premiers instants de l’atelier, le 24 août à Abidjan, il était clair qu’il ne s’agissait pas d’une réunion ordinaire. En accueillant les délégués à ce rassemblement de cinq jours, Dr. Baboucarr Manneh, Directeur général du Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice), a d’emblée donné le ton : il ne s’agissait pas d’une simple formation. C’était au contraire une invitation à poser les questions difficiles, à remettre en cause les idées reçues, à nouer des partenariats durables et à affronter un défi qu’aucune institution ne peut relever seule — comment rendre les programmes africains de sélection plus rapides, plus intelligents et mieux connectés face au changement climatique, à l’évolution des marchés et à l’accélération de la science. Sarah Hearne, Scientifique en chef au CIMMYT, s’exprimant au nom de Breeding Resources, et Young Hwa Lee, Chargée de programmes à la Fondation Gates, ont posé le cadre stratégique plus large de la semaine : moderniser la sélection dans la région est un investissement partagé, et ces services partagés sont conçus pour faire fructifier cet investissement au bénéfice de chaque institution qui les utilise. Ensemble, ces trois interventions ont marqué une rupture délibérée avec le renforcement passif des capacités au profit d’une réforme institutionnelle active, fixant une exigence rigoureuse quant à la manière dont la recherche agricole publique doit s’adapter aux réalités régionales complexes.
Vingt-quatre sélectionneurs, experts en phénotypage et spécialistes des données, issus de 14 institutions de sept pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, s’étaient réunis pour l’Atelier régional de renforcement des capacités sur les services partagés de phénotypage et de génotypage à haut débit pour une sélection accélérée. Co-organisé par AfricaRice et le CIMMYT, financé par la Fondation Gates et coparrainé par le programme Breeding for Tomorrow du CGIAR à travers son initiative Breeding Resources, l’atelier a rassemblé des systèmes nationaux de recherche et des centres du CGIAR — IITA, CNRA, CRI, NRCRI, NIHORT, IAR, SARI, INERA, IER, ISRA et IRAD — pour cinq jours de théorie, de pratique et d’échanges entre pairs que les participants ont qualifiés de véritablement transformateurs.
De la salle au cloud
Le programme a été conçu pour couvrir l’ensemble du cycle des technologies modernes de sélection végétale. Les sessions ont exploré le phénotypage par drone et par capteurs, l’analyse d’images, la prévision de la demande en génotypage, les flux de données et la planification des services. Gustavo Teixeira, Responsable des services partagés mondiaux, a guidé les participants à travers les modèles de financement, le contrôle qualité et les modalités d’accès et d’utilisation des plateformes de services partagés. L’équipe de l’ICRISAT a présenté des services de biofortification, d’analyse élémentaire et de spectroscopie dans le proche infrarouge (NIR) — des technologies susceptibles de rendre les variétés produites localement non seulement plus productives, mais aussi plus nutritives.
Le drone au champ
Le temps fort de la semaine est survenu lorsque le groupe a troqué la salle de conférence contre une session pratique à ciel ouvert. Dans les champs expérimentaux du CNRA à Anguédédou, à la périphérie d’Abidjan — avec un drone agricole mis à disposition en nature par le CNRA — les participants ont parcouru l’ensemble du cycle d’une mission de phénotypage par drone : installation de la parcelle, planification du vol, opérations en direct et capture de données en temps réel. Pour beaucoup, c’était la première fois qu’ils pilotaient un drone dans un contexte de sélection.

L’énergie sur le terrain n’avait rien de comparable à ce qui peut se produire dans une salle de cours. Les participants se sont rassemblés autour du matériel, échangeant leurs observations et posant le type de questions précises qui ne surgissent que lorsque l’on tient le contrôleur et que l’on voit les données apparaître. « Cet atelier va nous aider à faire progresser le phénotypage par drone », a déclaré un participant lors de la clôture. « Dès notre retour, nous en discuterons avec les sélectionneurs et lancerons des activités de phénotypage par drone. » « Nous devons passer du phénotypage traditionnel au phénotypage numérique », a ajouté un autre.

L’évaluation de clôture a donné une image claire de ce que la semaine avait permis d’accomplir. Les participants ont évoqué leur retour dans leurs institutions, prêts à agir — partager avec leurs collègues ce qu’ils avaient appris, commencer à accéder au portail de services, planifier des activités de phénotypage par drone, solliciter des services de génotypage. Nombre d’entre eux ont souligné la qualité des liens noués entre pairs au cours de la semaine et leur intention de rester en contact grâce au réseau professionnel constitué à Abidjan.
Bâtir une communauté de pratique régionale
L’atelier s’est achevé le 28 août, les équipes cultures présentant leurs prévisions de génotypage et les partenaires définissant des étapes concrètes à venir. L’objectif ne se limite pas à un seul atelier : il s’agit de transformer les relations, les compétences et l’accès partagé aux services bâtis cette semaine en une communauté de pratique régionale opérationnelle autour des technologies modernes de sélection. « Les services de génotypage nous aideront à faire progresser plus précisément le matériel de sélection », a témoigné un participant.
AfricaRice et le CIMMYT, avec le soutien continu de la Fondation Gates et de l’initiative Breeding Resources du CGIAR, sont engagés dans cette démarche de plus longue haleine. Car des programmes de sélection plus rapides en Afrique de l’Ouest et du Centre, ce sont de meilleures variétés qui parviennent plus tôt aux producteurs — et c’est bien là tout l’enjeu de cette semaine à Abidjan.



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