Maïmouna Diatta : Relever le défi de diriger le Groupe de travail COVID-19 à AfricaRice


Au début de la période éprouvante de la pandémie de COVID-19, AfricaRice a nommé Maïmouna Diatta pour diriger le groupe de travail COVID-19 de l’Institution. Ce groupe a aidé le Centre à prendre des décisions éclairées concernant la pandémie. À l’occasion de la Journée internationale de la femme 2021, alors que nous célébrons le leadership des femmes pendant la pandémie COVID-19 et saluons leurs efforts conjoints pour gérer une crise sanitaire sans précédent, nous partageons l’histoire inspirante de Maïmouna Diatta, qui a relevé tranquillement le défi visant à aider AfricaRice à faire face à la crise en utilisant son style unique de leadership participatif.


Maïmouna Diatta, qui travaille comme traductrice-rédactrice pour le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice), a été nommée au début de la pandémie en mars 2020 comme point focal du Groupe de travail COVID-19. En cette nouvelle capacité, elle a dû recueillir des informations et assurer le suivi de l’évolution et de l’impact de la pandémie à partir des données reçues des membres de l’équipe ─ les points focaux COVID-19 dans les stations d’AfricaRice (Bouaké en Côte d’Ivoire, au Liberia, au Sénégal, à Madagascar, au Nigeria et en Ouganda). Cette information a été organisée et utilisée pour formuler des recommandations avisées au Management d'AfricaRice. En collaboration avec les autres points focaux du CGIAR et lors de réunions avec le Bureau de gestion du Système du CGIAR et d'autres centres du CGIAR, les pratiques optimales et les points réguliers ont été partagés.


Les mesures prises à AfricaRice à la suite des recommandations du groupe de travail COVID-19 comprenaient, par exemple, l'élaboration de protocoles spécifiques au contexte (par exemple, interdictions de voyages internationaux, règles de conduite en cas d'infection, sensibilisation aux mesures préventives face à la COVID-19, telles que la distanciation physique, des règles d'hygiène strictes, le port du masque, etc.) ; la mise en œuvre de la politique de télétravail en avril 2020 et l'adaptation du travail lorsque AfricaRice a décidé de reprendre ses activités depuis le bureau au début du mois de juillet 2020 (les activités comprenaient la production d'une vidéo de sensibilisation à l'intention du personnel d'AfricaRice, dans laquelle le Directeur général s'exprimait sur les mesures prises par le Centre ; la rédaction de notes d’orientation officielles et de rapports sur la pandémie au siège et dans les stations.)


Au début de la pandémie, le premier cas de COVID-19 dans les pays où se trouvent les stations régionales, les bureaux pays et le siège d'AfricaRice a été déclaré au Nigeria le 27 février, et peu après, la plupart des pays ont signalé des cas sur leur territoire. À partir de là, le nombre de nouveaux cas quotidiens a continué d'augmenter et a atteint des sommets dans tous les pays. Heureusement, la plupart des gouvernements ont mis en place des restrictions sur les voyages, des couvre-feux nocturnes et, finalement, un confinement a été imposé dans tous les pays (Sénégal, Côte d’Ivoire, Ouganda, Nigeria, Liberia, Madagascar).


Compte tenu de la structure de l’économie de ces pays (notamment une forte proportion de personnes travaillant dans le secteur informel) et des effets néfastes des restrictions sur les moyens de subsistance des populations et des économies, les menaces de troubles civils dans la plupart des pays ont conduit les gouvernements à assouplir ou à lever les mesures de confinement, tout en poursuivant les campagnes de sensibilisation sur le virus et en exhortant leurs populations à respecter les mesures barrières.


Par la suite le nombre de nouveaux cas quotidiens a commencé à décroître en août 2020 dans la plupart des pays, un phénomène qui semble défier toute explication rationnelle. En octobre, un faible nombre de cas actifs, un nombre élevé de cas de guérison (plus de 80 % dans tous les pays) et un nombre stable de décès ont été enregistrés. Cependant, la deuxième vague d'infection a frappé sans pitié à la fin de l'année et au début de 2021. Elle a commencé à la fin de novembre 2020 dans certains pays d'Afrique de l'Ouest et de l'Est, dont le Sénégal, l'Ouganda et le Nigeria. En janvier 2021, tous les pays où AfricaRice opère connaissaient une deuxième hausse du nombre de nouvelles contaminations quotidiennes. Bien que les taux de mortalité soient encore faibles et les taux de guérison élevés, les systèmes de santé de ces pays commençaient à être submergés.


AfricaRice partage avec le monde « un espoir commun » — à savoir le vaccin anti-COVID-19. Grâce à l'initiative de partenariat mondial COVAX dirigée par l'OMS et à des négociations bilatérales, certains pays africains ont entamé les premières phases de vaccination ciblant les professionnels de la santé et les personnes vulnérables.


En tant que leader, Maïmouna beaucoup appris. Elle a compris que : « le leadership est lié au style de communication et à la relation qu'un leader développe avec les membres de son équipe ». L’approche de Maïmouna était participative : « par exemple, j'ai demandé aux membres de mon équipe au début de la pandémie s'ils voulaient que nous nous rencontrions chaque semaine. Mais comme les informations sur la COVID-19 étaient funestes et anxiogènes, les membres ont suggéré que nous interagissions de façon individuelle mais plus fréquemment. Nous avons mis à jour quotidiennement les informations sur la pandémie sur la plateforme Microsoft Team et nous avons continué à interagir par le biais du groupe WhatsApp et à se rencontrer lors de réunions virtuelles seulement lorsque cela était nécessaire. » Maïmouna partage ici une importante leçon : le leadership consiste à tenir compte des opinions et des attentes de nos collaborateurs.


En tant que femme, leader en période de pandémie COVID-19, et plus important encore, leader de l'équipe de gestion COVID-19, Maïmouna a dû faire face au défi de travailler à domicile pendant le confinement. À sa grande surprise, elle s'est retrouvée avec beaucoup plus de travail à la maison en plus de sa charge habituelle de travail domestique. « Mes journées commençaient plus tôt et se terminaient plus tard, et plus important encore, mes enfants ne comprenaient pas pourquoi leur mère était à la maison sans pourtant être disponible », dit Maïmouna.


Ses qualités féminines ont été particulièrement utiles dans ce rôle de leadership : Maïmouna est très patiente et prend le temps d’analyser les situations avant d'agir. Même face à un refus, elle n'insiste pas, mais pense plutôt à trouver une autre façon de faire la même suggestion et de la faire valider à temps. Ces qualités lui ont permis d'accomplir la tâche difficile ci-dessus dans un rôle que beaucoup auraient préféré ne pas assumer. Le Management d'AfricaRice et l'ensemble du personnel souhaitent exprimer leur gratitude à Maïmouna et à son équipe pour leurs recommandations et leur appui opportuns et pertinents.


Maïmouna, qui aimait travailler dans les coulisses comme à l’instar de sa fonction principale de traductrice, a trouvé l'expérience, acquise dans son nouveau rôle, enrichissante et certainement gratifiante. Dans ses propres mots, elle décrit : « cette expérience m'a appris que plus de responsabilités et le fait de sortir de votre zone de confort sont étroitement liés ». Aux femmes leader en cette période COVID-19, elle donne les conseils suivants : « prenez bien soin de votre famille, de vos proches et surtout de vous-même, en particulier de votre santé mentale ».


Le monde est d'accord avec Maïmouna pour dire que les femmes sont le pilier de chaque foyer, car elles sont censées répondre aux besoins émotionnels des membres de leur famille. « Pourtant, les gens nous demandent rarement comment nous allons, alors que nous ne sommes pas invincibles », ajoute-t-elle. Son conseil est que « les femmes dirigeantes devraient aussi prendre du temps pour elles-mêmes afin d’évacuer les tensions accumulées au travail et à la maison. »


De plus, selon Maïmouna, ancienne lauréate du prestigieux prix Dr Robert Carsky d’AfricaRice pour son dévouement et son engagement envers l’excellence, « alors que les femmes ont tendance à être perfectionnistes, la perfection n’existe pas. Dans ce processus, nous risquons de rater de nombreuses opportunités parce que nous ne nous estimons pas en mesure de faire face à la concurrence. La seule chose que nous avons à faire est de sortir de notre zone de confort, être nous-mêmes et nous épanouir. » Il s'agit-là de mots d’une profonde sagesse, que toutes les femmes occupant des postes de leadership et que toutes celles qui aspirent à être leader adopteront et préserveront volontiers. Bravo à Maïmouna Diatta ! Bonne Journée internationale de la femme 2021!